«Comme une tempête en haute mer»

La digue qu'avait installée Normand Picotin pour protéger... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

La digue qu’avait installée Normand Picotin pour protéger son chalet a cédé en raison de la violence des vagues.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Daphné Cameron
La Presse

(Venise-en-Québec) La météo s’acharne sur les sinistrés de la Montérégie. Les niveaux du lac Champlain et de la rivière Richelieu ont légèrement surpassé hier après-midi le record atteint le 6 mai dernier. D’autres évacuations sont à prévoir, car l’eau menace de monter encore de 10 à 20 centimètres d’ici demain.

Cette fois, c’est le vent qui est à blâmer. Dans la nuit de dimanche à hier, il s’est mis de la partie, poussant d’importantes quantités d’eau du lac Champlain vers la Montérégie. Ont donc surgi des vagues de près d’un mètre dans la baie Missisquoi et de 15 à 30 centimètres sur la rivière Richelieu. Des secteurs qui avaient été épargnés jusque-là ont également été inondés.

La situation était particulièrement impressionnante hier dans la petite municipalité de Venise-en-Québec, où les rafales ont atteint 70 km/h.

«Regardez, c’est comme si on était en haute mer… en pleine tempête!», a lancé Jean-Claude Morin en tentant d’éviter le ressac d’une vague qui venait de s’échouer sur la paroi de sa maison. «On est dans un bateau qui est en train de couler. On enlève de l’eau, on enlève de l’eau et on espère qu’on ne va pas couler. On ne veut pas devenir des naufragés.»

Selon le témoignage de plusieurs citoyens, les vagues n’ont jamais été aussi fortes et aussi hautes depuis le début de la crise il y a un mois. Afin de limiter les dégâts, M. Morin et son voisin Normand Picotin ont érigé une digue qui atteignait trois poches de sable de hauteur. Mais la digue a cédé hier en raison de la violence des vagues. En après-midi, quelques sacs de plastique étaient visibles au fond de l’eau, derniers vestiges de la paroi de protection. Conséquemment, de l’eau a commencé à s’infiltrer au rez-de-chaussée, tant chez les Morin que chez les Picotin.

«Notre chalet a été construit en 1946 et il est encore là, malgré les inondations de 1993 et celles que l’ont vit cette année, a expliqué M. Picotin. Mais s’il fallait que les planches de contre-plaqué qui placardent les fenêtres cèdent, il n’y en aurait plus, de chalet.»

Cette nouvelle hausse des crues a forcé l’évacuation de personnes qui se battent depuis le début des inondations pour sauver leur résidence. «C’est 50-50. La moitié des gens à qui on apporte des sacs de sable sont tellement exténués qu’ils nous disent qu’ils vont partir après avoir sécurisé leur maison. L’autre moitié veut rester», a expliqué une pompière de Venise-en-Québec.

Nicole Bellefleur a pris la décision de partir hier, un mois après le début des inondations. En quelques heures, l’eau s’est infiltrée de deux pieds au rez-de-chaussée de sa maison, qui est pourtant sur pilotis. «Je n’avais plus le choix, a-t-elle affirmé, visiblement émue. Je suis tannée et fatiguée. On dirait que ça ne va jamais se terminer.»

Du jamais vu en 150 ans

Hier soir, le Centre de prévision des crues du Québec (CPCQ) prévoyait une hausse de 3 à 6 centimètres du niveau de la rivière Richelieu d’ici à ce matin. Au total, la hausse pourrait atteindre 10 à 20 centimètres de plus. «Cependant, une baisse considérable est à prévoir à compter de mercredi en raison des vents du Nord», a affirmé le directeur de la Sécurité civile en Montérégie, Yvan Leroux.

Le 6 mai dernier, le cours d’eau a enregistré un niveau record de 30,703 mètres; du jamais vu depuis 150 ans. Hier soir, le niveau de la rivière était de 30,705 mètres.

En tout, environ 1000 personnes ont été évacuées depuis le début des inondations. Près de 3000 personnes sont sinistrées.

Cyberpresse

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source: Cyberpress/eveil 2011

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