A l’époque des « années difficiles » de la IIIe république ( l’après-guerre, 1920-1940), Albert Vigneau était un franc- maçon très influent : Maître de la Grande Loge de France, fondateur et député de cinq loges, rattachées à la même obédience ou appartenant à d’autres ( Grande Loge Mixte et Droit Humain). Il était également fondateur de la revue maçonnique Le Symbolisme.

 

Brutalement, en 1934, A.Vigneau a décidé de quitter la franc-maçonnerie et de rompre définitivement avec son obédience. Pour expliquer sa décision et les raisons de cette rupture, il a publié un livre au début duquel il a placé en exergue une déclaration dans laquelle il s’exprimait en ces termes :

 

«  Depuis des mois (je peux même dire des années) je me sentais mal à l’aise dans l’ambiance des Loges maçonniques. Je faisais partie de la Grande Loge de France, Rite Écossais.

 

«  Déçu, je l’avais été dès ma première année de Maçonnerie. Je m’étais vite rendu compte que l’on mentais au candidat désirant être admis dans cette société, en la lui représentant comme étant ce qu’elle n’est pas : la Franc-Maçonnerie, une association de citoyens libres, de bonnes mœurs et de jugement sain, cherchant à connaître la vérité dans tous les domaines : moral, philosophique, scientifique, économique ? Mensonge ! Moi qui suis un vieux Maçon, ancien dignitaire de ma Loge, je le dis, je le dis, je l’affirme, c’est un mensonge.

 

Les Ateliers maçonniques ne sont pas des lieux où l’on donne une initiation philosophique, où «  l’on fait des hommes dignes de ce nom, des citoyens conscients et éclairés » comme « ils » le prétendent dans leurs publications….Non ! Dans les Ateliers maçonniques, on s’occupe essentiellement d’intrigues politiques, d’anticléricalisme, de laïcité au sens le plus péjoratif du mot, et…d’antimilitarisme…C’est ce qu’ils appellent « lutter contre les erreurs, contre les fictions ».

 

« La Patrie est une erreur. Dieu est une fiction, pour la très grande majorité des Franc-Maçons ».

 

A cette époque la Franc-maçonnerie était à l’apogée de son influence et de son impact sur la société française. La publication de ce livre fit l’effet d’une bombe, puisqu’il révélait l’essentiel de ce que Vigneau avait pu voir, entendre et constater dans le « secret des loges ». Ainsi a-t-il raconté comment l’idée lui est venue d’entrer dans la maçonnerie, comment s’est déroulé son initiation, de quelle façon est reçu la « lumière », quel est le rite d’une tenue solennelle…

 

Même si l’influence maçonnique semble s’être atténuée ( en réalité ce n’est qu’une illusion, c’est seulement une modification d’attitude et de stratégie), aujourd’hui rien n’a changé dans les objectifs et les méthodes dénoncés par Vigneau : ils trahissent en permanence les idéaux de tolérance dont se réclame l’ordre maçonnique. C’est la raison pour laquelle au-delà des passions éteintes et des circonstances de l’époque, la réédition de ce livre est apparue éclairante et même indispensable. Il vient de reparaître sous le titre La Loge maçonnique ( Édition du Trident).

 

 

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« – Mon Frère Vigneau, déclarera le Grand-Maître, vous ne connaissez pas les grands secrets de la Franc-Maçonnerie : n’oubliez pas que, c’est un 33e membre du Suprême Conseil qui vous parle ; a-t-il besoin de vous apprendre que les buts secrets de la Franc-Maçonnerie sont la déchristianisation de la France ? » Le Grand-Maître rappela que la Franc-Maçonnerie avait trois buts principaux :
«1° Venger la mort des Templiers ; mission de laquelle sont chargés les Chevaliers Kadosch, 30e grade, qui doivent exercer cette vengeance sur l’Église Catholique.
2° Abattre les frontières pour établir la République universelle, mission de laquelle sont chargés les Sublimes Princes du Royal Secret, 32e.
3° Supprimer la Famille traditionnelle pour émanciper les enfants et l’épouse selon la bonne morale laïque, buts vers lesquels tendent les Souverains Grands inspecteurs Généraux, 33e. »
Ce livre fut écrit et publié en 1934, année dominée en France par une des crises majeures de la Troisième république, provoquée par l’affaire Stavisky. L’auteur rompt alors définitivement avec son obédience. Écœuré par le sectarisme des ”Enfants de la Veuve”. Il en révèle la sinistre médiocrité. Il dénonce, de manière hélas prophétique, les dangereuses illusions pacifistes, et l’action antimilitariste, des francs-maçons, alors même que des ”bruits de bottes à l’est” annoncent un conflit. Le pays l’abordera considérablement affaiblie. Transposés de nos jours, rien ne semble avoir changé dans les objectifs et les méthodes qu’il dénonce, qui trahissent en permanence les idéaux de tolérance dont se réclame l’Ordre maçonnique. Au delà des passions éteintes, et des circonstances de l’époque, sa réédition nous est apparue éclairante, et même indispensable.

 

– Source : Lecture Française – n° 647 – Mars 2011.

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