Une technique consiste à racheter, moyennant commission, les tickets gagnants du PMU ou de La Française des jeux. (Crédits photo: LE FIGARO)

La base de données de l’Agrasc renseigne sur quelques combines très prisées des escrocs.

• Organiser un procès bidon

Une organisation criminelle souhaite-t-elle transférer des fonds d’origine douteuse à une société ou une personne pour être certaine, pense-t-elle, de le récupérer plus tard? À plusieurs reprises, les experts de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) ont constaté que des malfaiteurs s’arrangeaient entre eux pour se poursuivre en justice à des fins frauduleuses. Celui qui veut sécuriser ses fonds de provenance criminelle se fait donc attaquer au civil par un complice, en se donnant toutes les chances de perdre son procès. Il est condamné à de lourds dommages et intérêts, qu’il verse sur un compte bancaire où l’argent sera à l’abri. Surtout de la justice, pense-t-il. La méthode aurait été «importée du monde des affaires», confie un enquêteur.

• Racheter des tickets gagnants

Cette technique consiste à racheter, moyennant commission, les tickets gagnants du PMU ou de La Française des jeux. Il faut pour cela disposer d’un réseau de «correspondants» auprès des bars et des champs de course. Qui drainent le flot de ces petits gains vers les mystérieux bénéficiaires. Quand la police réclame des comptes aux voyous, ceux-ci déclarent avec aplomb: «Que voulez-vous, commissaire, je suis chanceux aux jeux!» Une méthode de blanchiment vieille comme le milieu. «Un célèbre truand marseillais vient d’être serré par la PJ avec 200.000 euros en tickets gagnants, par définition anonymes…», rappelle le capitaine Stiffel, à l’Agrasc.

• Fausses ventes, vrais remboursements

L’affaire concerne une pharmacienne des Yvelines. En quelques mois, elle a pu se faire rembourser par la Caisse primaire d’assurance-maladie plus de 600.000 euros de médicaments qu’elle n’a jamais écoulés. Rien ne correspondait dans le registre des stocks. L’apothicaire s’est vue saisir sa maison d’une valeur de 600.000 euros. Les policiers et gendarmes familiers des enquêtes financières se demandent si cette pratique se limite à quelques isolés. Dans une autre affaire de fraude aux organismes sociaux, certains citent le cas d’un agent d’une caisse d’allocation familiale du Sud-Ouest qui attribuait généreusement à ses voisins des prestations auxquelles ils n’avaient pas droit. Tous les comptes saisis dans ce type d’affaire iront désormais alimenter celui de l’Agrasc.

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Source le figaro

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