La contestation sociale en Israël n’est désormais plus cantonnée aux grandes villes. C’est l’enseignement de la nouvelle mobilisation qui a eu lieu, samedi 13 août, et qui s’est étendue à une douzaine de localités du pays pour la première fois depuis le début du mouvement il y a un mois.

Les organisateurs donnaient le chiffre de 100 000 participants dans tout le pays, les médias 73 000 personnes alors que la police parlait de 50 000 manifestants. Des rassemblements ont eu lieu à Haïfa dans le nord, à Beersheva dans le sud, ainsi qu’à Afula, en Galilée, dans le nord, à Modiin (centre) et Eilat (extrême sud). Partout, le slogan adopté par les manifestants de Tel-Aviv – « Le peuple exige la justice sociale » – était repris.

 

 

A Beersheva, ville de la région défavorisée du Néguev, entre 15 000 et 40 000 personnes ont défilé sous une immense banderole marquée de la phrase "Le Néguev se réveille".

A Beersheva, ville de la région défavorisée du Néguev, entre 15 000 et 40 000 personnes ont défilé sous une immense banderole marquée de la phrase « Le Néguev se réveille ». AP/Tsafrir Abayov

 

 

 

Si la mobilisation n’a pas atteint le niveau historique de celle de Tel Aviv, où près de 300 000 personnes s’étaient rassemblées le 6 août, elle témoigne néanmoins d’un ancrage national qui n’avait pas encore eu l’occasion de s’exprimer. Pour cette nouvelle manifestation, l’objectif déclaré des organisateurs n’était pas seulement d’étendre le mouvement à la « périphérie » mais aussi de mobiliser les classes populaires afin de ne pas apparaître comme une protestation de « bobos » de Tel Aviv, caricaturés sous les vocables d’« amateurs de sushis et fumeurs de narguilé ».

A Beersheva, ville de la région défavorisée du Néguev, entre 15 000 et 40 000 personnes ont défilé sous une immense banderole marquée de la phrase « Le Néguev se réveille ». « On entend finalement la voix de gens du Sud, pas seulement celle de Tel Aviv », a expliqué Adar Meron, une danseuse de flamenco, la première à dresser un tente de protestation à Beersheva. « L’essentiel pour nous, c’est de montrer que le peuple est uni, que nous vivons dans un seul et même pays et qu’il faut tout faire pour combler les disparités sociales », a plaidé Stav Shaffir, une des dirigeante du mouvement.

>> Lire notre portrait de Stav Shaffir, journaliste et contestataire

 

Manifestation à Afula, samedi 13 août.

Manifestation à Afula, samedi 13 août.AFP/HAGAI AHARON

 

 

 

Un sondage rendu public mardi montre une très grande majorité de la population israélienne (88 %) soutient le mouvement, le premier d’une telle ampleur en Israël, et 53 % d’entre eux se disent prêts à participer à des manifestations. Soumis à cette pression, le premier ministre Benyamin Nétanyahou s’est dit prêt à infléchir son approche ultra-libérale de l’économie pour répondre aux exigences des manifestants. Il a notamment créé une commission chargée de proposer des réformes avec les partenaires sociaux et de présenter des recommandations au gouvernement d’ici un mois.

 

Le Monde

Tel Aviv: une guillotine sur le boulevard Rothschild

Une guillotine a été placée mercredi sur le boulevard Rothschild, à Tel Aviv, fief de la contestation sociale qui secoue le pays. Symbole de la Révolution française, l’emblème est devenue l’attraction principale du « village des tentes ».

En plein milieu du village de tentes installé sur le Boulevard Rothschild à Tel-Aviv est apparue hier…une guillotine. Une vraie guillotine, grandeur nature. Qui a installé ce symbole de la Révolution française ? Personne ne le sait et personne ne l’a revendiqué. Beaucoup de responsables du mouvement de protestation ont regretté cet acte, dénonçant une malveillance qui consiste à dénaturer la lutte entreprise depuis un mois à Tel-Aviv et qui n’a pas pour objectif de faire tomber des têtes…
Source:
http://www.jewpi.com/la-guillotine-a-tel-aviv/
Publicités