Alignements de lieux sacrés sur la Terre

Résumé: L’observation des lieux sacrés partout sur la planète (mégalithes, monuments, ouvrages de terre, lieux de cérémonie) révèle qu’ils ne sont pas situés au hasard, mais sur des lignes géométriques précises. La Terre est tissée d’un réseau de ces lignes qui sont les manifestations physiques de flux énergétiques. Bien qu’il n’en soit pas fait mention dans notre éducation conventionnelle, ces faits ont été bien documentés dès les années 1930. Les peuples anciens détenaient la connaissance de ces flux et l’ont imprimée dans le paysage. Les indigènes actuels d’Australie et d’Amérique du Sud ne l’ont pas oublié.

La Terre vue de l'espace Le globe et les coordonnées
Merci à Toocharger.com  Merci à C. Motte et M.-C. Vouloir, EHESS/CNRS 

Depuis l’espace, laTerrenous apparait comme une boule ronde et lisse très légèrement aplatie aux pôles. Nous distinguons facilement les mers et les continents, mais à première vue aucune structure régulière, aucun réseau, aucun treillis n’y sont apparents. Si l’existence d’un réseau de lignes entrelacées se confirme, il faut chercher d’autres indices.

On peut tout d’abord noter que puisque la Terre tourne autour d’unaxequi traverse lespôles, ces points se distinguent des autres parce qu’ils ne bougent pas. Ils auront donc un statut particulier dans un réseau.

A partir de ces 2 pôles, on peut également construire l’équateur, comme cercle équidistant des 2 pôles. Toutefois il en est déduit par construction, il n’est pas apparent concrètement par des caractéristiques physiques reconnaissables sur le terrain. De même, par construction sur le globe, on peut tracer des cercles qui passent par les pôles et entourent la Terre. Ce sont lesméridiens. Puis, si on trace les cercles horizontaux, donc perpendiculaires aux méridiens, appelésparallèles, on obtient une grille de repérage et de géolocalisation au moyen de laquelle on peut désigner n’importe quel point de la Terre par ses coordonnées.

Ce sont ces coordonnées, par exemple, qui sont utilisées par les satellites géostationnaires GPS (Global Positioning System– ou système mondial de localisation). Lagéodésie est la science qui a pour objet de mesurer la surface de la terreet de définir un système de repérage tel que la longitude et la latitude. Toutefois, cette grille semble être une convention choisie arbitrairement par quelques spécialistes qui ne correspond pas à une réalité physique.

Il existe bien un treillis de lignes entrelacées qui se révèlent par leurs traces physiques sur la Terre. Ce treillis est différent du système de méridiens et de parallèles, mais par certains aspects, il présente quelques rapports avec lui. Des pionniers l’ont redécouvert à partir de la fin du 19esiècle. Nous allons les suivre pas à pas dans leurs découvertes. Dans ce premier article, nous nous intéressons aux alignements de sites. Dans le suivant, nous explorerons comment le treillis est organisé sur le plan planétaire et dans le troisième quelle est sa fonction et comment il évolue avec le temps.

Les alignements de sites anciens en Angleterre ou lignes de ley

Au 19esiècle, à peu près en même temps, plusieurs personnes en Europe sont intriguées par la disposition de certains lieux antiques ou lieux de culte qui commençaient à susciter de l’intérêt, et font quelques investigations rudimentaires avec leurs propres moyens.

Ainsi, en Angleterre, WilliamBlacks’intéressait au réseau subsistant des anciennes routes romaines. De fil en aiguille, il se rend compte qu’il existait un filet de lignes droites qui couvrait la Grande-Bretagne et au-delà. Des lignes radiales et polygonales reliaient des points et édifices précis du paysage, dont certains constituaient des bornes de comtés. En 1870, il fait une conférence à laBritish Archaeological Associationoù il expose sa théorie. Il énonce queEntre les monuments existe un marquage fait de lignes géométriques qui couvrent l’ensemble de l’Europe occidentale« .

En 1882, G. H.Piperfait une causerie où il énonce que Si on trace une ligne depuis la montagne Skirrid-fawr vers la Pierre d’Arthur au nord, elle passe par Hatterall Hill, et les châteaux de Oldcastle, Longtown Castle, Urishay et Snodhill.

Une ligne de ley en Angleterre
Une ligne de ley à Saintbury, Angleterre. Elle emprunte un ancien chemin, passe par une croix médiévale, une église saxonne, et un tumulus
Photo aérienne de Paul Devereux ©1996

Dans notre culture occidentale contemporaine, le concept d’alignements de sites est généralement attribué à l’anglaisAlfred Watkinsdans les années 1920, bien qu’à la même époque d’autres aient eu la même idée, tel l’astronome anglaisNorman Lockyer. En 1921, en se promenant à cheval dans les collines de Blackwardine situées dans le Hereforshire, Watkins remarque que de nombreux sentiers semblent relier une colline à une autre en ligne droite.

En examinant ensuite une carte, il a l’intuition soudaine de l’alignement de sites préhistoriques. Recherchant des preuves visuelles de cette théorie, il découvre quedes sites tels que des pierres levées (menhirs), des collines rondes artificielles ou tumulus(qu’on prétend être d’anciennes structures funéraires)sont situés en ligne droite sur des kilomètres à travers la campagne. Il prend de nombreuses photographies sur le terrain et constitue un club de recherche, le Straight Track Club. Watkins produit conférences, articles et livres (The Old Straight Track, 1925).

Watkins remarque que ces lignes traversent des lieux dont les noms comportent le suffixeley(oulay,lee,leigh,lea,ly). Cet ancien mot anglo-saxon signifieespace dégagé, tel que clairière, prairie ou couloir de dégagement. C’est pourquoi il les nommelignes de ley. Plus tard, il abandonne cette terminologie pour le termepiste ancienne rectiligne(old straight track). Mais le termeleya été repris tel quel par d’autres et a subsisté dans l’usage.

Les jalons des lignes de ley

Quand ils détectent une ligne de ley, Watkins et ses collaborateurs la remarquent par des éléments du paysage physiquement repérables. Puis en l’examinant plus attentivement sur le terrain, ils trouvent d’autres éléments moins visibles, parfois enterrés.

Les jalons de ces lignes sont des éléments soit naturels, soit construits de main d’homme: lieux liés à l’eau (mares, sources, puits), tumulus, dolmens, menhirs, cromlechs (cercles de pierres), cercles et ouvrages de terre, châteaux, églises, collines de forme particulière.

Pour Watkins, il semblait logique que ces lignes étaient les traces d’anciennes voies de transport existant avant l’occupation romaine. Les sites seraient alors des points de repérage pour les voyageurs, des points de mire et de halte à travers le paysage, de colline en colline. Sans plus éléments, il lui était difficile d’imaginer leurs véritables fonctions que nous exposerons dans letroisième articlede cette série.

Par la suite, ces lieux auraient été utilisés pour y construire des temples et constructions sacrées. On sait effectivement que les chrétiens ont construit leurs églises, les grandes cathédrales et autres sites sacrés à l’emplacement de cultes anciens pré-existant.Les lignes de ley existaient indéniablement aux temps préhistoriques.

John Michell et la ligne St-Michel

Après une période de vague oubli de l’existence des lignes de ley,John Michellleur apporte une contribution majeure dans son livreThe View Over Atlantis(1969). Il y fait connaitre les observations deWatkins, les resitue dans un contexte plus large qui fait appel aux connaissances anciennes, à l’énergie, la radiesthésie, les OVNI, et donne l’impulsion pour d’autres investigations.

Il met en évidence une ligne qui traverse tout le sud de l’Angleterre sur 600 km. Elle démarre à la pointe sud-ouest, en Cornouailles, auMichael’s Mount, une ile de forme pyramidale située dans Mount’s Bay. La ligne traverse des sites célèbres commeGlastonburyetAvebury, et passe par de nombreux sites dédiés à St-Michel. C’est pourquoi elle est nommée la ligne St-Michel. Bien entendu, ce n’est là qu’un nom relativement récent, car elle existait bien avant la christianisation sous le nom de ligne Atlas.

Laligne St-Michelest orientée sur le rayon du soleil levant du 8 mai qui est justement la date de la fête printanière de St-Michel.

Saint-Michael's mount L'alignement St-Michel
Le St-Michael Mount en Cornouailles en 1900
Merci à Wikipedia 
La ligne Saint-Michel
Merci à Jiro Olcott 

Avebury John Michell photographié par Colette Dowell
Avebury
Merci à Crystalinks 
John Michell (1933 – 2009)
Merci à Colette Dowell 

Triangles et polygones

De nombreuses lignes sont progressivement découvertes, et en se croisant et s’entrecroisant, elles forment un tissu géométrique. Comme le signalait déjà en 1939 leMajor H. Tylerdans son livreThe Geometric arrangement of Ancient Sites, beaucoup de lignes rayonnent à partir d’une intersection commune. Ainsi 8 lignes divergent depuis l’église de Wooburn (Buckinghamshire).

triangle Stonehenge
Un triangle résultant de l’intersection de 3 lignes,
délimité par Avebury, Stonehenge et Glastonbury
Merci à Alex Whitaker 

Le tissu géométrique est composé de triangles, quadrilatères et autres polygones. Les triangles ont souvent leurs côtés égaux: isocèles ou équilatéraux. Sir Norman Lockyer(1836-1920), un astronome royal, remarque queStonehenge, le château de Grovely (Grove-ley) et Old Sarum (Salisbury) forment un triangle équilatéral de 10 km de côté.

Dans d’autres cas ce sont des triangles avec un angle droit (triangle rectangle).Glastonbury,StonehengeetAveburyforment un triangle rectangle parfait, qui est orienté approximativement vers le nord. Le côté Glastonbury /Avebury est situé sur la ligne St-Michel.

Le côté Glastonbury /Stonehenge de ce triangle est aussi l’un des côtés d’un décagone (polygone à 10 côtés) mis en évidence parJohn Michell.

Dans certains cas, des sites sont situés sur des cercles concentriques autour d’un centre de rayonnement.

Dans d’autres endroits, des leys sont parallèles sur plusieurs kilomètres. Cela pose question sur leur interprétation en tant que pistes anciennes. Où mèneraient-elles? PourTyler, les alignements étaient présents avant les pistes et marquaient une division géométrique rectangulaire du terrain.

Dans son livreMegalithic Sites in Britain(1967), le professeurAlexander Thomobserve: Il est remarquable que 1000 ans avant les premiers mathématiciens de la Grèce antique, des gens de ces iles avaient non seulement une connaissance pratique de la géométrie et étaient capables de mettre en place des dessins géométriques élaborés, mais savaient aussi installer des ellipses basées sur les triangles pythagoriciens.

Alignements de sites sacrés dans toute l’Europe

Les membres duStraight Track ClubdeWatkinsétaient très actifs et certains ont recherché l’existence des lignes de ley dans d’autres pays. Par ailleurs, au même moment, dans ces pays mêmes, des investigateurs locaux s’intéressaient également au sujet.

Au cours des années suivantes et jusqu’à nos jours, plus on recherche ces lignes, plus on y porte attention, et plus on en découvre partout en Europe. De plus l’évolution technique a apporté des moyens supplémentaires de détection de ces alignements par des photos aériennes et encore mieux par des photos satellites qui ont rendu cette tâche beaucoup plus facile.

En effet, on s’est rendu compte que certaines lignes visibles d’en haut sont difficilement repérables sur le terrain. Parfois, elles sont signalées seulement par une couleur différente des végétaux, ou soulignées par des bordures de champ, un chemin de campagne, une route ancienne.

Les découvertes des Romains

Les chroniqueurs romains rapportent qu’au moment de leurs conquêtes, ils ont trouvé des lignes droites dans presque tous les pays en Europe, en Crête, dans la région de Babylone, et en Afrique du Nord. Ces tracés existaient donc bien avant eux.

Ils ont également constaté la présence de menhirs alignés dans la campagne toscane enItalie, une région occupée par les Étrusques.

Les dépâtures de Gargantua

En marge des alignements eux-mêmes, je signale un folklore peu connu, associé à certainsmontsetbuttesen France, qui fait intervenir le géantGargantua. Certains veulent y voir le besoin de merveilleux des gens, qui imaginent ces histoires pour supporter leur vie dure, mais il se pourrait bien que ce soit aussi une allégorie pour dire que ces monts sont investis ou l’ont été par des forces ou énergies supérieures.

Gargantua , un peu maladroit parfois à cause de sa taille, se promène un peu partout en France. Quand il parcourt la campagne, de la boue s’attache à ses chaussures, qui deviennent « empâtées » et il arrive qu’une masse s’en détache. Cette masse, appeléedépâtureoudégallochée, forme une colline ou un mont, déposé sur la plaine.

Ainsi, en Charente, la colline du Pinsonneau, au sud de Baignes Sainte-Radegonde, et la motte de Coiron sont desdépâturesoudégotturesde Gargantua. De même la butte de Sancerre dans le Cher, le mont Garganet (nom issu de Gargantua) et le mont Ceix en Corrèze. On en trouve dans unebonne partie de la France , surtout la moitié Nord.

D’autres fois, en s’activant, Gargantua renverse sa hotte et son contenu devient des amas de rochers. Ou bien il se déculotte et dépose sa crotte. Dans l’Ain, le lac de Nantua a été pissé par Gargantua, tandis que le mont qui domine la ville est une catole (une crotte) qu’il a laissée là. Dans le Maine-et-Loire, la ville deBouzilléla bien nommée en est une également.

Le christianisme a diabolisé Gargantua en rebaptisant en lieux du diable les lieux, gouffres, chaos rocheux, et pierres dressées nommés de son nom. À l’opposé, d’autres lieux ont été sanctifiés et consacrés à l’Archange Saint-Michel, dont beaucoup de Monts Gargan. Ainsi en est-il à Rouen du quartier appelé Mont Gargan. Le Mont Saint-Michel était un ancien lieu de culte à Gargantua.

La tradition rapporte que Gargantua aurait été emporté par Merlin ou Morgane en Féerie (l’ile d’Avalon, donc Glastonbury), où il vit toujours.

En Allemagne

En 1929,Wilhelm Teudt , un prêtre allemand, publie un livre intituléGermanische Heiligtümer(Sanctuaires germaniques) où il rapporte l’existence de lignes sacrées en Allemagne centrale. Ces lignes relient des sites antiques sur des centaines de kilomètres en ligne droite et forment des figures géométriques.

Toujours à cette époque, le géographe allemand JosephHeinschétait intrigué par lacathédrale de Xantenet par sa mosaïque au sol qui représentait une carte orientée des églises de la région. En 1939, dans une conférence intituléePrinciples of Prehistoric Cult-Geography, il explique queles centres sacrés étaient situés sur des figures géométriques en lien avec les constellations. Certaines lignes orientées à l’ouest reliaient des centres dédiés au culte de la lune à d’autres orientées à l’est reliaient des centres dédiés au soleil. Les unités de mesure employées étaient des fractions simples des dimensions terrestres.

En France, Xavier Guichard

En France aux alentours de 1910,Xavier Guichard(1870 – 1947) étudie l’origine des noms de lieux (toponymes). Il se concentre particulièrement sur le toponymealesiaqui revient de façon récurrente sur tout le territoire français (plus de 400 sites). Ses déductions sont rapportées dans son livre Eleusis Alesia, Enquête sur les origines de la civilisation européenne(1936).

Selon lui, on retrouve le nomalesiasous les formes indo-européennesAlaise,Alès,AlisouAlles. Il signifiepoint de rencontre,lieu de haltelors des voyages. Il est étonnant de remarquer la consonance phonétique entrealaiseetley. Mais Guichard n’avait probablement pas connaissance des travaux de Watkins.

Alésiaest apparenté au mot grecEleusis. Éleusis était une ville de Grèce située à 20 kilomètres d’Athènes, célèbre pour son culte consacré à Déméter et à sa fille Perséphone. Dans la religion grecque antique, lesmystères d’Éleusiscélébraient ces déesses-mères et sont à l’origine des cultes liés aux vierges noires qui se sont répandus en Europe.

Ces lieux sont presque systématiquement associés à une colline dominant une rivière, à un puits ou à la présence de sel. D’après lui:Ces villages ont été établis dans les temps anciens selon des lignes astronomiques immuables, déterminées d’abord dans le ciel, puis transférées sur Terre à intervalles réguliers, chacun valant un 360e du globe.

La carte du toponyma Alésia en FranceLa carte des toponymesAlésia,Alaiseet leurs dérivés en France.
Merci à Jean-Claude Bonnot 

Ils sont placés le long de lignes nord-sud parallèles s’étendant dans toute l’Europe, équidistante de 1° d’arc, une valeur que nous retrouverons avec Bruce Cathie (deuxième partie). Cela implique que les constructeurs antiques de ces villages connaissaient les pôles et l’équateur, les mouvements des astres, le partage du cercle en 360°, la longueur du degré terrestre, enfin les coordonnées géographiques, longitudes et latitudes.

Les lieux sont également répartis sur 24 lignes géodésiques qui rayonnent à partir d’un centre,Alaise , près de Besançon. Ce centre serait le centre rituel et mythique de l’Europe pour le culte des vierges noires.

La Grèce, Jean Richer et l’axe Saint-Michel Apollon

Dans les années 1950, le françaisJean Richerinstallé en Grèce fait des investigations à propos des temples grecs, qu’il publie dans son livre Géographie sacrée du monde grec. Il remarque que les temples et les Oracles sont souvent situés à des emplacements difficilement accessibles, ce qui n’était pas compatible avec l’objectif d’une fréquentation populaire. Il se demande donc quelle en est la raison. Il pressent que ces centres étaient reliés, mais il ne sait pas pourquoi.

C’est en rêve qu’il obtient la réponse. Une statue d’Apollonlui montre laconnexion entre les sanctuaires qui le représentaient à Delphes et Athènes. A Delphes se trouve l’ancien Oracle de la Terre-Mère et Athènes abrite le temple de l’Acropole dédié à Athéna. Une fois réveillé, il prend une carte, trace la ligne Delphes – Athènes, et constate qu’elle se prolonge sur l’île deDélos, le lieu de naissance d’Apollon, et au temple d’Apollon de Kamiros sur l’île deRhodes. La ligne traverse d’autres sites sacrés dédiés à Artémis tel que le Temple d’Agra.

Un peu plus tard,Lucien Richer, le frère de Jean, poursuit cette recherche, prolonge la ligne vers le nord-ouest et vers le sud-est où il trouve bien d’autres correspondances. Dans un article daté de 1977 intitulé L’axe Saint-Michel Apollon, il décrit cet alignement qui s’étend jusqu’à l’extrémité de l’Irlande, à l’ile sacrée deSkellig Michael, traverse de nombreux sites célèbres dédiés à St-Michel comme Saint Michael’s mountdéjà nommé à la pointe de la Cornouailles en Angleterre; leMont Saint-Michelen Normandie;La Sacra di San Micheledans les Alpes italiennes etMonte Sant’Angelodans la péninsule italienne Gargano, sanctuaire ancien dédié à Saint-Michel; le temple d’Artémis àCorfou; Delphes; Délos, et se prolonge jusqu’auMont Carmelen Israël, couvrant ainsi une distance d’environ 4000 km. Là, il se divise en Israël et en Égypte, puis rejoint La Mecque en Arabie Saoudite.

Si le nom de Saint-Michel est chrétien, les sites qui lui sont dédiés sont d’origine pré-chrétienne. Ils ont été auparavant dédiés par les druides aux dieux du soleil et aux déesses-mères de la terre. Puis ils ont été absorbés par les chrétiens et renommés.

ligne Saint-Michel Apollon

Une ligne droite de l’Irlande à Israël traverse des sites consacrés à Saint-Michel et Apollon
Merci à Paul Broadhurst and Hamish Miller 

Jean Richer découvre aussi, par l’examen de monnaies anciennes, que des lignes marquées par des temples rayonnent de Delphes, Délos et Sardes, et forment laroue d’un zodiaque(voirplus loind’autres exemples de roues zodiacales)

Evora au Portugal

Depuis les années 1930, la popularisation du concept d’alignements de sites sacrés a permis d’attirer l’attention sur ce phénomène dans d’autres pays et beaucoup d’autres ont été repérés. Par exemple au Portugal, le double cromlech d’Almendres, dans le complexe d’Evora, est aligné avec deux autres sites anciens sur 50 km: le dolmen de Anta Grande dans le site deZambujeiro; le cromlech deXuarezde forme rectangulaire près de Monsaraz.

Cromlech d'Almendres, Portugal
Le double cromlech d’Almendres au Portugal
Merci à Ancient Wisdom 

L’azimut de 110° de cette ligne est celle de lapleine lune du printemps.

Alignements astronomiques

Evora au Portugal, Xanten en Allemagne, Delphes en Grèce, la ligne St-Michel anglaise, il devient clair que l’astronomie joue un rôle important dans la conception de certains sites. Plus on cherche à comprendre ces rapports et plus on trouve de liens.

On entre là dans le domaine de l’archéoastronomie. L’archéoastronomierésulte de l’association de l’astronomie et de l’archéologie pour déterminer les connaissances et les représentations des anciens, à partir des inscriptions qu’ils ont laissées dans leurs monuments. Elle est née dès les années 1960 avec des chercheurs de terrain qui en ressentaient l’évidence. Mais elle était rejetée alors par les universitaires. Cette situation est en train de changer peu à peu alors qu’arrivent à la fois de nouvelles générations plus ouvertes et de la matière archéologique plus abondante pour l’attester. Elle est maintenant reconnue par l’université avec prudence, et même étudiée (voir K. Gadré,Culture Diff’ ).

On constate que de nombreux sites archéologiques présentent un ou des axes orientés dans des directions précises. Ces directions sont généralement en rapport avec le soleil ou la lune. Par exemple avec leur lever au moment de l’équinoxe ou du solstice ou à une autre date significative. Citons quelques exemples supplémentaires.

EnFrance

L’ouverture de lagrotte de Lascauxen Dordogne est orientée face au soleil couchant du solstice d’été. Auchâteau cathare de Montségur, le premier rayon de soleil à l’horizon du solstice d’hiver traverse le château dans sa longueur par une petite ouverture. Au solstice d’été, il traverse les quatre archères du donjon au nord-ouest avec une précision millimétrique. ACarnac, en Bretagne(France), l’orientation des alignements de menhirs correspond au soleil levant du solstice d’été. Autrement dit, le rayon solaire balaie à cet instant tout l’alignement jusqu’au cromlech à l’extrémité sud-ouest.

Alignements de Kermario
Cercle de Goloring
Alignements de menhirs à Carnac en France
Merci à Zaza 
Cercle de Goloring en Allemagne
Merci à Martin P. Paulus 

En Allemagne

L’Allemagneest aussi dotée de centres préhistoriques, tels le cercle deGosecket le cercle deGoloring. Lecercle de Goloring , situé en Rhénanie Palatinat proche de Coblence, a été étudié dès 1948 par le Dr. Röder. Il est composé d’un fossé circulaire de 175 mètres de diamètre, 80 cm de profondeur environ et une largeur maximum de 6 m. Autour se trouve un talus circulaire de 190 m de diamètre, 7 m de large et 80 cm de haut. Ses proportions sont similaires à celles de Stonehenge. Dans des études récentes, le Dr Zack avance que le Goloring est une horloge solaire géante.

Lecercle de Gosecksitué en Saxe-Anhalt a été découvert en aout 2003 par survol aérien et étudié par Wolfhard Schlosser. Ce ne sont pas ici des constructions en pierre, mais des talus en terre et des palissades de bois qui ont difficilement survécu au temps. De 75 m de diamètre, il comprend 3 cercles concentriques de terre et d’épieux de bois avec chacun 3 ouvertures qui coïncident avec les levers et couchers du soleil aux solstices d’hiver et d’été. On peut le mettre en rapport avec ledisque de Nébratrouvé à moins de 30 km de là, et avec lecercle de culture de Grasdorfqui est apparu en 1991 près de Hildesheim à 150 km plus au Nord-Ouest (voir articleDiagrammes de champs).

En Angleterre et en Écosse

Au début du 19esiècle,N. Lockyerdéjà nommé plus haut repère une ligne d’importance astronomique issue deStonehenge, longue de 35 km, qui trace la course du lever de soleil de milieu de l’été.

En 1965, le professeurGerald Hawkinssuggère que les constructeurs deStonehengeavaient des connaissances astronomiques poussées.

En 1967, un professeur de technologie en retraite,Alexander Thom, publie un livreMegalithic Sites in Britain qui a un retentissement important. Il relate ses mesures sur plus de 500 pierres qu’il a étudiées sur le sol écossais et brittanique. Il énonce que les monuments mégalithiques tels que que Stonehenge, Avebury, Long Meg, mais aussi bien d’autres de taille plus modeste dont les pierres semblent placées au hasard, suivent en réalité un plan précis au millième, basé sur des figures géométriques (cercles, ellipses ou autres). La géométrie des cercles de pierres dérive des positions extrêmes du soleil, de la lune et des étoiles au moment de leur lever à l’horizon.

Le site duCalanaisouCallanishen Écosse se présente comme un vaste champ de pierres levées. PourAlexander Thom, ses pierres forment un calendrier basé sur la position de la Lune. Il suggère que l’alignement des pierres, lorsqu’on regarde vers le sud, pointe vers la pleine Lune du milieu de l’été derrière une montagne lointaine appelée Clisham.

Même deséglises, pourtant bâties à des époques plus récentes, ont des orientations reliées à l’astronomie. À une certaine date, des rituels avaient lieu pour célébrer le courant d’énergie qui coule selon les lignes qui les traversent, afin de distribuer cette énergie aux alentours et d’en faire bénéficier les récoltes.

Calanais NewGrange au solstice d'hiver
Le site de Calanais en Écosse
Merci à Wikipedia 
L’entrée du tumulus de Newgrange en Irlande au lever du soleil le jour du solstice d’hiver.
Merci à NewGrange  (UNESCO)

En Irlande

Dans les années 1980, Martin Brennan (voir son livreThe Star and the Stones) a dépensé une énergie incroyable pour faire admettre sa théorie sur le rapport entre l’orientation des couloirs des tumulus (dolmens recouverts de terre) et le calendrier (solstices, équinoxes et le jour à mi-temps entre les deux). Par la suite, beaucoup l’ont suivi dans ses déductions sur le lien astronomique. Un magnifique exemple est l’entrée sud deNewGrange , en ligne avec un menhir et un tumulus, et dont le couloir d’entrée est éclairé au premier rayon du solstice d’hiver. D’autres couloirs sont dans l’axe d’une ligne de ley.

En Amérique latine

Teotihuacanest un site archéologique duMexiquequi était un véritable ville, structurée par sa longue « allée des Morts » rectiligne qui la traverse sur 4 km environ selon un axe presque nord-sud, avec une déviation de 15° 50′ vers l’est. Il s’y trouve de nombreuses pyramides à degrés, dont au nord la « pyramide de la Lune », et au milieu la « pyramide du Soleil ». L’orientation correspond au lever dusoleil du 13 aout. Dans son ouvrageCycles of the Sun, Mysteries of the Moon: The Calendar in Mesoamerican Civilization(1987), leDr. Vincent Malmströmfait remarquer que cette date représente le commencement du monde dans la mythologie Maya.

Plus au sud, enBolivie, à proximité du lac Titicaca, se trouvent les ruines de la ville deTawanaku . Elle comporte elle aussi des pyramides à degrés et d’autres monuments tels que la porte du soleil. Son orientation astronomique est précise. Toutefois, elle ne peut être comprise (selon Posnansky) que si elle se rapporte au ciel tel qu’il était en 15’000 avant J.C. D’autres éléments sont en faveur de cette date, par exemple l’existence de quais à une distance du lac actuel qu’il couvrait à l’époque.

Teitihuacan Tiahuanaco
Teotihuacan au Mexique:
l’allée des Morts et la pyramide du soleil.
Merci à Wikipédia 
Tiwanaku en Bolivie
Merci à Underground web world 

Motivations des constructeurs de sites mégalithiques

Beaucoup de sites sacrés ont un lien direct avec l’astronomie. Pourquoi, dans quel but? Comment comprendre cette volonté de construire en rapport avec les astres? Plusieurs théories ont été avancées pour deviner les intentions des constructeurs, et certaines semblent largement acceptées par la communauté scientifique. Les sites seraient des sortes d’observatoires astronomiques dont l’intérêt serait de repérer des dates importantes de l’année. A partir de là, il y a deux types d’interprétations sur l’objet de cette importance: des objectifs pratiques et des dévotions religieuses.

Sur le plan pratique, les dates seraient repérées dans le but deplanifier les récoltes et les travaux agricolesen vue de la survie de la population. Ces constructions gigantesques indiqueraient les solstices et les équinoxes comme une sorte de vastecalendrier en pierre. C’est par exemple l’avis de Zack en ce qui concerne Goloring, et de Schlosser pour Gosek. Mais fournir tous ces efforts pour seulement donner des repères de dates, cela semble insensé.

En tout cas, ils démontrent effectivement que les constructeurs accordaient à leurs constructions une importance capitale. C’est pourquoi d’autres historiens ont imaginé que ces peuples étaient tellement soucieux d’honorer des dieux pour s’attirer leurs faveurs, ou célébrer des événements marquants, qu’ils ne comptaient ni leur temps ni leur efforts. Les monuments seraient alors des marques commémoratives d’un événement grandiose, des lieuxde cultes solaires ou lunairesCarnac , selon Mortillet) ou servaient à prédire des éclipses (à Stonehenge, selon Hawkins).

Mais toutes ces théories ne sont que spéculations sans preuves. D’autres explications sont possibles mais ne sont pas envisagées parce qu’elles impliqueraient d’accepter l’idée queces peuples étaient des savants et techniciens plus avancés que nous sur certains aspects. Or on veut seulement les considérer comme des gens naïfs et incultes, bien qu’on n’en ait aucune preuve (voir en annexe:Vérité scientifique et croyances limitatives). Une explication bien plus simple et logique, en rapport avec le caractère énergétique des alignements, est proposée dans latroisième partie.

Plans stellaires

le nil et sa relation à la voie lactéeLes pyramides et leur relation à Orion
le Nil et sa relation à la voie lactée
selon Robert Bauval (Le Mystère du grand Sphinx)

Le rapport d’un site avec les constellations peut prendre d’autres aspects. Dans certains cas, le complexe mégalithique est bâti selon le plan d’une constellation.

John Foster Forbes(1889 – 1958), auteur avec Iris Campbell deGiants, Myths and Megaliths, est intrigué par des pierres situées sur le territoire britannique, qui sont gravées de cupules. Tandis que certains archéologues ne voient là que des récipients pour recueillir des liquides lors de rituels, voire même du sang, Forbes démontre que les cupules dessinent le plan de situation de l’ensemble du site et que ce plan représente une constellation. Dans le paysage même, le nom des collines et des monts reflète souvent un aspect du soleil, de la lune ou d’une étoile.

EnÉgypte, selonRobert Bauval(Le mystère d’Orion), le Nil est par sa forme la reproduction terrestre de lavoie lactée. On retrouve cette correspondance d’espaces géographiques avec la voie lactée dans la vallée de Tepoztlan auMexique, la vallée de Elky auChili, et dans le chemin de Saint-Jacques de Compostelle enEurope.

AuPérou, la rivière Vilcanota (ou Wilcamayu, Huilcamayo, Urubamba) dans la vallée sacrée de Cuzco était également considérée par les Incas comme la représentation de lavoie lactée . Les espace rituels (huacas) le long de la vallée sont les reflets des constellations situées de part et d’autre de la voie lactée.

Bauval a fait des relevés détaillés des pyramides de Guizeh et à proximité. Il a montré que leur disposition était identique à celle des étoiles d’Orion. L’un des conduits dans la Grande Pyramide, qui est supposé être une aération mais dont on ignore la fonction, pointe vers l’une des étoiles d’Orion. Toutefois, ce pointage n’est strictement réalisé que si on considère le ciel au moment de sa configuration en10’500 av. J.C., comme à Tianahuaco. Bauval suppose que c’est l’époque de construction des pyramides, à l’encontre de l’avis des historiens qui maintiennent leur conviction de 4000 ans d’âge environ pour ces pyramides. Nous verrons que d’autres observations plaident en faveur de la supposition de Bauval.

Roues zodiacales dans le paysage

En 1929,Kathryn Maltwoodcrée un choc avec son livreA Guide to Glastonbury’s Temple of the Starsdans lequel elle rapporte les dessins de vastes figures se révélant dans le paysage autour deGlastonburyen Angleterre. Ces figures sont soulignées par les courbes du paysage, les collines, les routes et les cours d’eau et ne sont visibles que sur une vue aérienne.

Elles représentent les signes du zodiaque et chacune de ces figures est située à l’emplacement approprié correspondant de la roue zodiacale. Elle forme un cercle de plus de 15 km de diamètre. Les noms des villages situés dans un signe zodiacal sont souvent en corrélation avec ce signe. Par exemple, au Nord de Glastonbury, on trouve Aries Drive (route du Bélier) dans le signe du Bélier. Pour K. Maltwood, le zodiaque de Glastonbury peut également être mis en rapport avec la table ronde du roi Arthur, ses 12 chevaliers, Guenièvre et Merlin, car Glastonbury (situé dans le signe du verseau) est l’île d’Avalon mythique.

Le zodiaque de Glastonbury La roue zodiacale de Toulouse
Selon K. Maltwood, le paysage autour de Glastonbury est configuré selon un zodiaque. Vue aérienne.
Merci à John Wadsworth (Kairos Astrology )
La roue zodiacale inscrite dans la région de Toulouse, selon G.R. Doumayrou

En fait, Maltwood n’est pas la première à rapporter cette observation car cela avait été révélé par le Dr Dee aux alentours de 1580. Il avançait que le paysage avait été modelé par une population préhistorique. Les anthropologues estiment sa construction à au moins 3000 avant J.C., d’autres à 7000 av.J.C.

Glastonbury n’est pas le seul cas de roue zodiacale imprimée dans le paysage. Jean Richer, on l’a vu plus haut, a mis en évidence celle deDelphes. Il postule aussi que Milan (Italie) et Tolède (Espagne) sont des centres zodiacaux.

G.R.Doumayrou(Géographie sidérale ) a montré qu’il en existait une autour deToulouse(France). Les noms de lieux, les blasons des villes ou des régions, sont symboliquement en rapport avec le secteur zodiacal dans lequel ils se trouvent. Selon lui, le nomToulouseévoque de façon suggestive le grec Thòlos, qui désignait, dans les temps primitifs, la touffe végétale coiffant et liant le sommet des huttes rondes en branchages. Par la suite, le sens s’en est étendu à la coupole hémisphérique en pierres sèches, et enfin plus particulièrement à la voûte des fours et étuves.

Lignes sacrées en Amérique

L’Amérique est également riche en lignes de sites anciens, mais elles prennent d’autres formes, liées aux anciens amérindiens. Certaines de ces lignes ont été observées par les premiers explorateurs européens, puis ont été détruites ou enfouies par les constructions modernes.

Les plaines centrales des États-Unis

En 1858,William Pidgeonpublie un ouvrage intituléTraditions of the De-Coo-Dahoù il rapporte ses conversations avec un chaman et ami amérindien nommé De-Coo-Dah. Avant les destructions causées par l’aménagement agricole, dit-il, les plaines du Midwest était parsemées de gigantesquesouvrages en terre et de buttes. Ces buttes n’étaient pas placées au hasard, mais situées en ligne droite sur plusieurs kilomètres. L’une d’elles s’étendait sur une centaine de km, à l’ouest du Mississipi.

Les lignes étaient distantes de quelques km entre elles, soulignées par des bosquets, des sources et des crêtes. Les croisements de lignes étaient marqués par des ouvrages de terre de structure particulière dont la forme était un être humain ou un groupe d’animaux.

Le Nouveau Mexique et les Anciens Pueblos

En 1930, des archéologues décrivent que des pistes, laissées par les indiens Miwok, traversent les Sierras californiennes et franchissent collines et vallées en droite ligne sans zig-zag ni contour.

Au Nouveau Mexique, un complexe important de lignes, visible par satellite, se trouve dans le Chaco Canyon.Chaco Canyona été un temps le lieu d’habitation des anciens indiensAnasazis . Le nom Anasazi qu’on leur donne habituellement n’est d’ailleurs pas correct car il provient de la langue Navajo pour désigner un « ancien ennemi ». Les amérindiens ont demandé de les appelerAnciens Pueblos , car les espagnols de la conquête ont donné le nom de Pueblos aux civilisations indiennes qui construisaient des villages. D’abord implantés sur le plateau, les Anciens Pueblos ont ensuite vécu dans des habitations troglodytes édifiées dans des endroits difficiles d’accès. Les habitations sont dotés dekivas, chambres circulaires souterraines, réservées aux cérémonies, dont le toit plat arrive au niveau du sol. Les anciens pueblos ont abandonné ces lieux à partir de 1300 sans laisser de traces de ce qu’ils sont devenus. Toutefois des tribus actuelles peuvent se prétendre leurs descendants, tels les Zuñis et les Hopis.

Habitations troglodytes de Anciens Pueblos les lignes de Chaco Canyon
Habitation troglodyte des Anciens Pueblos à Mesa Verde, Colorado avec leurs kivas
Cliché © A. Boudet
Le complexe de lignes de Chaco Canyon (l’éventail de lignes blanches).
Vue par satellite. Couleurs reconstituées
Merci à Dr. James L. Smoot, Tom Sever, Diane Samuelson, NASA 

Quand les archéologues ont pu disposer de photos par satellite à la fin du 20esiècle, ils ont découvert ce complexe de lignes strictement rectilignes qui rayonnent en faisceau à partir de Chaco Canyon et se prolongent sur plus de 100 km vers l’extérieur. Larges de 9 m, elles filent droit devant sans tenir compte des difficultés de relief, alors qu’en comparaison, les routes contournent les obstacles et suivent la topographie. Des marches sont taillées dans la roche pour traverser les falaises.

Sur le terrain, elles sont à peine visibles. Certaines sont taillées dans la terre et dans la pierre. D’autres ne sont pas apparentes au sol et ce ne sont que les différences de végétaux et de réflexion de la lumière qui les rendent visibles d’en haut.

Elles ne conduisent nulle part, et suivent parfois des orientations astronomiques. Plusieurs douzaines de petits bâtiments de cérémonie, les Great Houses, sont disposés au long de ces lignes et réparties dans le désert.

Le Mexique et les Mayas

Au sud de Mexico, dans la péninsule du Yucatan, on entre dans le domaine des anciens Mayas. Ils y ont tracé de longues routes droites appeléessacbeob(au pluriel;scabéau singulier) ou chemins blancs. Elles sont en partie détruites, mais il en subsiste encore une, longue de 100 km entre Coba et Yaxuna dans le Nord de la péninsule. En 1920, Thomas Gann la décrit ainsi:une chaussée de 10 m de large, surélevée de 0,5 à 2,5 m, construite en blocs de pierres. C’est l’une des routes les plus remarquables jamais construites, aussi droite qu’une flèche et presque plate comme une règle, aussi loin qu’on peut la suivre.

Les sacbeob relient des lieux sacrés et des temples de cités mayas. Selon les mayas, les sacbeob sont associés à d’autres voies invisibles, mythiques, qui passent sous terre ou en l’air.

 

Alignements de lieux sacrés sur la Terre (II)

 

Spirit-Science.fr

Via Wikistrike

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