Le Parti Pirate allemand a créé la sensation en obtenant 8,9% des suffrages aux élections de Berlin, leur garantissant 15 sièges au Parlement.

Les membres du Parti Pirate allemand fête leur victoire, dimanche 18 septembre (Adam Berry/AP/SIPA) Les membres du Parti Pirate allemand fête leur victoire, dimanche 18 septembre (Adam Berry/AP/SIPA)

Le Parti Pirate, jeune mouvement qui prône la démocratie directe sur internet, a créé la sensation dimanche 18 septembre en obtenant 8,9% des suffrages aux élections de Berlin, ce qui leur garantit d’entrer pour la première fois dans un Parlement régional en Allemagne.

Le parti remporte ainsi 15 sièges au Parlement de Berlin.

Une victoire « au moment où le Parti Pirate allemand ne dispose d’aucun salariés », souligne Sébastien Nerz , président du parti, à Torrent Freak. « Nous allons démontrer qu’il est possible d’informer ouvertement et honnêtement les citoyens sur ce qui se passe, quelles sont les alternatives possibles et pourquoi un certain chemin a été choisi. Nous allons démontrer que les citoyens peuvent être intégrés dans les choix », ajoute-t-il.

Les scores à l'élection de Berlin (DR - TorrentFreak)

« Une véritable démocratie participative »

Interrogé par « le Nouvel Observateur », le président du Parti Pirate français, Maxime Roquet, « félicite les pirates allemands pour cette belle victoire qui récompense leur travail au terme d’une campagne avec un très petit budget – 40.000 euros ».

« L’Allemagne est l’un des pays les plus en avance vis-à-vis du Parti Pirate, à l’exception de la Suède qui dispose de deux eurodéputés », note-t-il. « En Allemagne, le Parti Pirate est la sixième force du pays et compte plus de 10.000 adhérents. » Fondée en Septembre 2006, le Parti Pirate allemand compte plus de 50 élus dans des bureaux à travers toute l’Allemagne.

Maxime Rouquet rappelle les « trois axes majeurs du Parti Pirate » : « la défense des libertés et des droits du citoyens, le libre accès au savoir et à la culture (en promouvant le partage), et la lutte contre le système des monopoles (notamment en remettant en cause les brevets). Le tout dans une démarche citoyenne, une véritable démocratie participative », conclut-il.

« Super année électorale »

Le Parti Pirate allemand arrive donc à la cinquième position de cette élection régionale qui garantit aux sociaux-démocrates de conserver Berlin et place la coalition de la chancelière Angela Merkel encore plus affaiblie, ses alliés libéraux ayant été presque rayés de la carte.

Le maire et chef du gouvernement régional sortant, le social-démocrate Klaus Wowereit, aux affaires depuis dix ans, est assuré d’un troisième mandat. Son Parti social-démocrate (SPD, opposition fédérale) est arrivé en tête avec 28,3% des suffrages, selon les résultats officiels provisoires.

A l’issue de cette « super année électorale » marquée par sept scrutins régionaux, le bilan des chrétiens-démocrates de la chancelière s’avère calamiteux, à mi-mandat. La CDU n’aura enregistré qu’un seul succès : en Saxe-Anhalt, l’une des régions les plus pauvres d’ex-RDA.

Boris Manenti avec AFP – Le Nouvel Observateur

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