Le leader de LulzSec estime que le mouvement est en train de réussir sa transition du Net vers la rue…

 

Une image du film «V for Vendetta», repris comme symbole par le groupe de hackers Anonymous. WARNER BROS

De notre correspondant à Los Angeles

Il joue toujours au chat et à la souris avec les autorités. Mais ces derniers jours, le hacker Sabu a répondu via Twitter aux questions posées par les internautes sur le site reddit. Celui qui semble être le leader du groupe LulzSec, selon les conversations publiées par le Guardian cet été, en révèle un peu plus sur son identité et ses motivations.

>> Anonymous, LulzSec, AntiSec… Le Lexique pour s’y retrouver, c’est ici

Qui est-il?

A l’inverse de Topiary, le porte-parole présumé de LulzSec arrêté aux Shetlands en juillet dernier, on est ici loin de l’image de l’ado vivant dans le garage de ses parents. Sabu (nom choisi en hommage au catcheur) est marié et aime «passer du temps avec [sa] famille». Il dit travailler comme expert en sécurité et enseigner occasionnellement. Il a étudié l’anglais et les sciences sociales et se présente comme un hacker autodidacte, qui a commencé par le Basic, avant de se mettre aux langages de programmations pearl, python, C et PHP.

Que veut-il?

A ses débuts, LulzSec se posait comme simple poil à gratter du Web. Mais Sabu a été «inspiré» par l’action de Julian Assange et surtout son arrestation. «Le (cyber/hack)activisme n’est pas du terrorisme. Qui terrorisons-nous? Les gouvernements et les agences de sécurité qui espionnent nos conversations et nos messages Facebook», écrit-il. En s’attaquant notamment à Sony et à des sites gouvernementaux, LulzSec a, selon lui, «exposé l’état catastrophique de la sécurité en ligne où aucune identité n’est protégée». «Parfois, il faut prouver un concept pour avoir un impact», se défend-il.

Et maintenant?

Sabu, comme Anonymous, soutient le mouvement de protestation Occupy Wall Street. Selon lui, Internet n’est «qu’un moyen» pour organiser «un mouvement de résistance populaire». «Cliquer sur un bouton pour participer à des attaques en déni de service (pour noyer un site sous les requêtes de connexions, ndr) est un truc d’amateur», tranche-t-il. Ce qui compte, c’est de «fédérer» au-delà d’Internet. Vidéosurveillance, Facebook (un «cancer»), Sabu semble estimer que notre société n’est pas si loin de celle imaginée par George Orwell dans 1984. «Mais uni, le peuple est puissant», écrit-il. Le hacker affirme posséder de nombreuses données compromettantes. Pour les banques, il n’a cependant «pas encore trouvé l’arme du crime» prouvant une corruption à grande échelle.

Comment se protège-t-il?

Il est «traqué» mais estime avoir plus de risques de se faire coincer par un autre hacker que par les autorités. Il n’utilisait pas le service de réseau privé virtuel qui a, semble-t-il, collaboré avec les autorités britanniques dans le cadre de l’arrestation de Topiary. Il utilise des réseaux privés en Chine et en Russie et d’autres moyens techniques pour rediriger son trafic, ainsi que des téléphones prépayés pour ne pas être identifié. Aucun membre de LulzSec ne sait où il habite. «C’était pareil pour Topiary, je ne savais pas qu’il était au fin fond des Shetlands», dit-il. Et s’il se fait arrêter? Il conclut: «Le mouvement survivra car on n’arrête pas une idée.»

Philippe Berry
Via lesmoutonsenragés.fr
Publicités