Un manifestant jette un cocktail molotov sur des policiers à Athènes, le 19 octobre 2011 Y.BEHRAKIS / REUTERS

 

Une grève générale de 48 heures a été décrétée dans tout le pays…

Une grève générale de 48 heures, la plus importante depuis des années, a débuté ce mercredi en Grèce, mais des affrontements se sont produits à Athènes entre forces de l’ordre et manifestants devant l’immeuble du Parlement, qui doit voter de nouvelles mesures d’austérité.

Place Syntagma, devant le Parlement, où se sont rassemblées des dizaines de milliers de personnes, des manifestants casqués et cagoulés, vêtus de noir, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers, qui ont riposté en tirant des grenades lacrymogènes. De violents affrontements s’étaient déjà produits fin juin au même endroit lors d’une précédente manifestation.

Les aéroports plutôt épargnés

Malgré les 5.000 policiers déployés dans les rues de la capitale, les manifestants sont arrivés pour la première fois jusqu’aux marches du Parlement, forçant les forces de l’ordre à reculer. A l’entrée du port du Pirée, quelque 400 dockers se sont rassemblés, tandis qu’un millier de gardiens de prison se sont réunis devant le ministère de la Justice.

Le mouvement de grève concerne les administrations, les entreprises, les services publics mais également les commerces de détail. Pour leur part, les contrôleurs aériens ont décidé d’assouplir leur mouvement et d’observer un débrayage de douze heures seulement (de minuit à midi) pour ne pas pénaliser les voyageurs.

«Engagés dans la bataille de toutes les batailles»

Le Premier ministre socialiste, George Papandreou, a une nouvelle fois appelé mardi soir à la discipline des élus de son parti, qui doivent se prononcer sur l’adoption des mesures d’austérité. «Nous devons poursuivre cette guerre, en tant que peuple, en tant que gouvernement, en tant que groupe parlementaire, afin de permettre au pays de la gagner», a déclaré George Papandreou. «Nous gagnerons pour le pays, nous continuerons. C’est la raison pour laquelle je suis ici», a-t-il ajouté.

«A partir de maintenant, et jusqu’à dimanche, nous sommes engagés dans la bataille de toutes les batailles», a indiqué pour sa part le ministre des Finances, Evangelos Venizelos. «C’est un combat angoissant mais nécessaire pour éviter que la crise ne nous emporte», a-t-il ajouté.

Premier vote du nouveau plan d’austérité ce mercredi soir

Pour Nikos Kioutsoukis, l’un des responsables du syndicat du secteur privé GSEE, les députés doivent rejeter les nouvelles mesures d’austérité «s’il leur reste encore un peu d’humanité, de décence, de fierté et d’esprit national». Un premier vote sur le projet gouvernemental doit intervenir mercredi soir, suivi par un second vote sur certains articles particuliers, jeudi.

Les dispositions prévues sont une réduction des salaires et des retraites dans la fonction publique, une hausse des impôts, une suspension des accords salariaux de branche et l’instauration du droit de licenciement dans l’administration. La Grèce, qui connaît une troisième année de récession, accuse une dette publique qui s’élève à 162% de son produit intérieur brut (PIB).

C.C. avec Reuters
Source 20minutes

Voir aussi:
Crise à Mayotte: Violence et pillages après la mort d’un manifestant

Publicités