Leurs numéros de portable ou l’âge de leur(s) enfant(s) sont disponibles depuis samedi sur le Web. Un point commun : ils sont membres de l’UMP.

Infosignalée par
un internaute

Les coordonnées et les données personnelles d’un millier de députés, sénateurs, membres de cabinets et collaborateurs de ministres, tous membres de l’UMP, ont été piratées et sont librement disponibles sur Internet – Rue89 a choisi de ne pas « linker » vers ledit site de partage de documents.

Députés, sénateurs, députés européens, chargés d’études, collaborateurs de ministre… près de 1 000 cadres de l’UMP (1 330 adresses e-mail) sont concernés par cette fuite.

Quatre fichiers texte mis en ligne samedi

Des données relativement précises sur les parlementaires UMP sont disponibles sur le site de l’Assemblée (voir, par exemple, la fiche de Bernard Accoyer) mais les données piratées atteignent un niveau de profondeur bien plus important.

Quatre fichiers texte ont été mis en ligne samedi 5 novembre et comportent un grand nombre de données sensibles :

  • numéros de téléphone fixe et portable ;
  • numéros de téléphone prioritaires ;
  • nom, adresse et numéros de téléphone de leurs suppléants ;
  • nombre d’enfants ;
  • année de naissance du cadet et de l’aîné des enfants ;
  • adresses personnelles et professionnelles.

Les données (anonymisées par nos soins) du secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé

C’est Eric Valatini, co-fondateur de la start-up Email Angel, qui a alerté Rue89. Cette start-up réalise une veille sur les communications publiques entre hackers :

« Nous avons mis en ligne des robots, comme Google qui scannent les moyens de communication des hackers. On a rien volé, tout est public. Cette base de données est sortie de nulle part. Nous n’avons aucun moyen de remonter aux origines du hack. »

3 000 nouvelles victimes dans les prochaines heures ?

Les députés sont particulièrement concernés par cette fuite, mais un certain nombre de données personnelles de ministres ou d’anciens ministres, étant ou ayant été parlementaires, comme Michèle Alliot-Marie ou Marie-Anne Montchamp, ont également fuité.


Les données personnelles de la députée des Pyrénées-Atlantiques, Michèle Alliot-Marie

Des fuites annonciatrices
Le 26 octobre, trois documents, contenant respectivement les informations personnelles de Jean-François Copé, Eric Ciotti et Christian Estrosi ont été mis en ligne. Le même type de données y figurait : numéro de portable et adresses personnelles notamment.

L’origine de cette base de données est floue : le fait que seuls des membres de l’UMP soient concernés suggère que c’est une base de données du parti majoritaire qui a été compromise. Cependant, l’hypothèse d’un hacking politique n’est pas à exclure. Eric Valatini :

« Il y a trois catégories de hackers : ceux qui font ça pour l’argent, qui piratent des comptes en banque, ceux qui font ça pour la prouesse technique et ceux qui font ça pour des raisons politiques, comme les Anonymous ou Lulzsec.

Vu le type de cible, ce sont très probablement des “hacktivistes”. C’est probablement un travail préliminaire. Il est possible qu’ils publient 3 000 noms dans les prochaines heures. »

Eric Besson, Lionel Tardy ou Jean-François Copé ont été alertés lundi sur Twitter.

Sollicité par Rue89, le service de presse de l’UMP n’a pas encore donné suite.


Dati inquiète du pirtage (Baudry)

Source Rue 89