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Le ministre de l’économie, François Baroin, a déclenché, mardi 8 novembre, une bronca des députés PS à l’Assemblée nationale, en accusant les socialistes d’avoir pris le pouvoir « par effraction » en 1997, ce qui a conduit le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, à lever la séance des questions au gouvernement.

M. Accoyer (UMP) a décidé de « lever » la séance après avoir parlé dans un premier temps de la suspendre, ce qui est rarissime à l’Assemblée nationale.

« VIEILLES LUNES SOCIALISTES »

Répondant à une question du député socialiste Pierre-Alain Muet, qui dénonçait la politique économique du gouvernement trop favorable à ses yeux aux plus favorisés, dans le cadre du plan de rigueur annoncé la veille, M. Baroin a répliqué en attaquant le programme du Parti socialiste. Il a affirmé que le gouvernement faisait preuve de courage dans la tourmente, contrairement à la gauche accusée de faire preuve de démagogie.

« Est-ce du courage de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit par effraction au pouvoir en 1997 ? » a demandé M. Baroin, faisant allusion notamment aux 35 heures.

En 1997, le Parti socialiste et ses alliés avaient acquis la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, lors d’élections législatives provoquées par la décision du président de la République, Jacques Chirac, de dissoudre l’Assemblée.

BAROIN « EST ALLÉ TROP LOIN »

Devant le brouhaha et le chahut, les députés PS étant quasiment tous debout dans l’hémicyle et descendus dans les travées, M. Baroin a renchéri : « Oui, par effraction », tandis que M. Accoyer appelait en vain les députés au calme et à regagner leur siège. « Cela ne règlera pas l’affaire du projet socialiste si vous quittez la salle », a dit alors M. Baroin.

Le ministre de l’économie a proféré « une forme d’insulte » à l’égard des citoyens et a commis « une faute politique », a estimé le président des députés PS, Jean-Marc Ayrault. « François Baroin est peut-être fatigué, soumis à des pressions je peux le comprendre, mais là il est allé trop loin », a réagi M. Ayrault, en sortant de l’hémicycle. Quelques minutes après, le chef de file des députés PS a demandé dans l’hémicycle à la reprise des débats budgétaires que le gouvernement « formule des excuses ».

De son côté, le patron du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, a minimisé les propos de M. Baroin, parlant d’un « incident », selon LCP.

Les esprits avaient été précédemment chauffés à blanc avec une question du socialiste Michel Vauzelle, dont les propos ont été quasiment entièrement recouverts par des « Guérini, Guérini… » scandés sur les bancs de droite pendant plusieurs minutes.

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Source Le monde.fr