Guerre contre l'Iran : Apocalypse now !!, par Manlio Dinucci

IRIB- Sur un ton de bonimenteur, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a annoncé que si «le pays était contraint à une guerre» contre l’Iran, cela ne lui coûterait pas «100.000 morts, ni 10.000, ni même 1.000, mais à peine, 500, et même, moins, si tout le monde reste à l’abri chez soi». Ne sont pas compris, dans le calcul macabre, tous les autres morts.

Selon de hauts fonctionnaires britanniques, l’attaque contre l’Iran pourrait avoir lieu entre Noël et le début de la nouvelle année, avec l’appui logistique étasunien. Les experts pensent que les sites nucléaires iraniens seraient touchés par des missiles et des chasseurs-bombardiers, à travers trois couloirs aériens : un direct, à travers la Jordanie et l’Irak, un méridiona,l à travers la Jordanie et l’Arabie saoudite, un septentrional, à travers la Méditerranée et la Turquie. Les implantations nucléaires seraient touchées par des bombes pénétrantes à tête non-nucléaire, comme les Blu-117, déjà, fournies, par les USA, qui peuvent être larguées à plus de 60 Kms de l’objectif, sur lequel elles se dirigent automatiquement. 

Que se passerait-il si était détruite la centrale nucléaire iranienne de Boushehr, qui a commencé à produire de l’électricité, en septembre dernier, pour une capacité de 60 mégawatts ? Un nuage radioactif se produirait, semblable à celui de Tchernobyl, qui, selon les vents, se propagerait sur le golfe Persique ou même sur la Méditerranée. Les conséquences seraient encore plus graves si, par rétorsion, l’Iran frappait le réacteur israélien de Dimona, dont la puissance est estimée à 70-150 MW. L’Iran ne possède pas d’armes nucléaires, mais a des missiles balistiques, à moyenne portée, testés, en juin dernier, qui, avec leur portée d’environ, 2.000 Km, sont en mesure d’atteindre Israël. Ces missiles sont installés, dans des silos souterrains, et, donc, difficilement neutralisables, par une attaque «préventive». Si le réacteur de Dimona, qui produit du plutonium et du tritium, pour les armes nucléaires israéliennes, était endommagé ou détruit, le nuage se propagerait, non seulement, sur Israël (Dimona est à seulement 85 Kms de Beit-ol-moghadas), mais aussi, sur la Jordanie (distante de 25 Kms) et l’Egypte (distante de 75 Kms). Et, selon les vents, ce nuage pourrait atteindre, même, l’Italie et d’autres pays européens. Les radiations (surtout, celles de l’iode-131 et du césium-137) provoqueraient, avec le temps, des milliers de morts, par cancer.

Voila ce qui est prévu par ceux qui planifient l’attaque contre l’Iran. Il est, donc, prévu de neutraliser la capacité de riposte de l’Iran. Ceci ne pourrait être fait par les seules forces israéliennes. Selon Dan Plesch, directeur du Centre d’études internationales de l’Université de Londres, «les bombardiers étasuniens sont, déjà, prêts à détruire 10.000 objectifs, en Iran, en quelques heures». Et même la Grande-Bretagne, révèle « The Guardian », est prête à attaquer l’Iran. Le plan prévoit, à coup sûr, le déploiement d’armes nuclaires israéliennes (parmi lesquelles, le missile « Jericho », à longue portée, testé, le 2 novembre) et, aussi, étasuniennes et britanniques. Soit, pour dissuader l’Iran d’effectuer de lourdes représailles, même contre des bases étasuniennes du golfe Persique, soit, par une attaque résolutive effectuée avec une bombe à neutrons, qui contamine moins, mais tue davantage. Une guerre contre l’Iran comporterait la plus haute probabilité d’une utilisation d’armes nucléaires, depuis la fin de la guerre froide, jusqu’à nos jours. Tandis que l’opinion publique est concentrée sur le «spread» (écart) financier, le «spread» humain augmente : le différentiel entre les choix politiques et ceux nécessaires pour la survie de l’espèce humaine.

Source http://french.irib.ir/analyses/articles/item/152480-guerre-contre-liran-apocalypse-now-par-manlio-dinucci