RTR2U3A1_CompDeux parapluies en guise de « centre médical » et quelques livres offerts dans un coin pour rappeler la « librairie du peuple ». Au lendemain de l’évacuation de Zuccotti Park par les forces de l’ordre, le square symbole d’Occupy Wall Street n’est plus tout à fait le même.

La décision d’un juge new yorkais de réouvrir le parc au public mais d’y interdire désormais les tentes et les sacs de couchage a ainsi mis fin de facto à l’occupation du square du sud de Manhattan, posant la question du futur d’un mouvement qui doit fêter ses deux mois le 17 novembre, par une nouvelle manifestation contre Wall Street et les inégalités. Seulement une trentaine de militants ont passé la nuit de mardi à mercredi dans le square, emmitoufflés dans des anoraks et protégés par des couvertures en aluminium.

Si Occupy Wall Street est sans aucun doute parvenu en huit semaines  à obtenir le soutien des Américains lassés par la crise et frustrés par la cupidité des banques, le mouvement a aussi été victime ces derniers jours d’un problème d’image, alors plusieurs incidents violents -et même des décès- ont été reportés dans différents campements aux Etats-Unis et qu’une douzaine de villes ont décidé d’intervenir pour mettre fin aux occupations.

Surtout, le mouvement doit impérativement peser plus sur la scène politique s’il veut assurer sa survie. « Nous n’allons pas disparaitre comme cela, du seul fait de l’intervention de la police », souligne l’un de ses porte-paroles, Rick DeVoe, « mais c’est vrai que nous devons rebondir ».

D’ores et déjà, Occupy Wall Street songe notamment à s’impliquer dans la politique locale à New York. Le mouvement a également milité la semaine dernière dans l’Ohio pour assurer un vote positif au référendum sur les droits à la convention collective des syndicats.

« Il faut que nous inventions d’autres façons d’intervenir dans le discours public pour faire entendre notre voix », dit encore Anthony, l’un de ceux qui est à Zuccotti Park depuis le début, « on peut peser au niveau des associations de quartier, mais aussi multiplier les actions à travers tout le pays en période électorale ».

Une partie des militants à New York songent également à faire appel de la décision de justice, afin de pouvoir de nouveau camper à Zuccotti Park. « Nous allons trouver les moyens de durer », assure Rick DeVoe, « nous avons entamé depuis deux mois une conversation nationale avec l’opinion publique américaine à propos d’un système qui est brisé et qui ne privilégie que les plus fortunés. Ce dialogue là n’est pas prêt de s’interrompre ».

 

Photo                                                             Reuters

 

 

Rédigé par Fabrice Rousselot à 16h36 | Lien permanent