Le feuilleton a commencé le 8 novembre dernier. La Russie met en orbite la sonde Phobos-Grunt. Une sonde hyper high-tech avec une des missions spatiales les plus complexes du monde. Peu de temps après son décollage, premier coup de théâtre…

Un des moteurs de la sonde ne s’est pas mis en route et elle ne se retrouve pas dans la bonne trajectoire. Puis, on apprend en fait que la sonde est bien positionnée. Mais c’est là qu’intervient le deuxième coup de théâtre…

L’étage de propulsion de la sonde ne s’est pas mis en route. Ce coup de pouce était nécessaire pour lui donner de la vitesse supplémentaire pour aller sur Mars. Et là, gros suspens… Les Russes annoncent qu’ils n’ont que 3 jours pour sauver Phobos-Grunt, après quoi, il n’y aura plus d’électricité, car les panneaux solaires ne seraient pas correctement orientés. (là nous ne sommes que le 9 novembre, soit le lendemain du lancement)

Ouf ! Les russes annoncent le 14 novembre qu’ils disposent d’un sursis supplémentaire : la sonde n’est pas perdue avant la fin du mois de novembre. Les panneaux solaires seraient en réalité correctement orientés. C’est Vladimir Popovkine, le patron de Roscosmos, l’Agence spatiale russe qui le dit. Certains spécialistes évoquent la date du 21 novembre comme un point de non-retour.

Pour sauver la sonde, il faut arriver à communiquer avec elle pour réveiller le moteur. Mais les Russes n’arrivent même pas à obtenir une télémétrie passive (c’est-à-dire à recevoir les infos que la sonde envoie). C’est super mal barré pour la sonde. J’ai même envisagé d’écrire un billet intitulé : « Phobos-Grunt : la fin » (vous remarquerez l’absence de point d’interrogation). Mais un truc me retient… je ne sais pas quoi… et j’ai bien fait. Car, il y a encore un rebondissement…

Roscosmos demande alors à l’ESA de l’aider à communiquer avec la sonde. L’ESA (l’agence spatiale européenne) dispose d’antennes à des endroits stratégiques de la planète et a quelques fenêtres pour communiquer avec la sonde. C’était le cas le 22 novembre. Et Bingo !

L’ESA parvient à recevoir des signaux de la sonde Phobos-Grunt. Les données recueillies sont alors immédiatement transmises aux Russes pour qu’ils les analysent. Le lendemain (le 23) les Européens tentent de nouveau de communiquer avec la sonde sans succès.

Mais…

Le 24, les Russes annoncent avoir réussi à leur tour à contacter la sonde. Et ils ont pu analyser la télémétrie passive et obtenir de précieuses informations du genre : « je suis une sonde, j’ai un cerveau qui marche, j’ai une bouche pour parler, j’ai peut-être des oreilles pour écouter ce que vous me dites, mais pour l’instant, je n’ai pas de jambes. Et si je continue comme ça, je vais m’écraser sur Terre en janvier. »

Voilà, où nous en sommes aujourd’hui. Le suspens est à son comble. Est-ce que la sonde a des oreilles pour comprendre ce que les Russes vont demander ? Les Russes réussiront-ils à allumer les moteurs qui doivent lui donner la vitesse pour aller sur Mars ? Quel sera le prochain rebondissement ?

Illustration : Roscosmos

Source Gizmodo