Vous vous souvenez de la grippe aviaire H5N1 qui devait exterminer la moitié de la planète ? Et bien, Ron Fouchier, un scientifique néerlandais, a fabriqué en labo une variante de ce virus capable de se répandre et d’exterminer des millions de personnes. Il est tellement terrifiant que pour le président du National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB), l’anthrax à côté, c’est de la gnognotte.

Le problème (est-ce vraiment un problème ?) avec le virus A(H5N1) c’est qu’il se transmet assez mal d’homme à homme. Par contre, il est assez efficace pour tuer 1 personne sur 2 qu’il contamine. Ainsi Ron Fouchier a tenté de créer un virus tout aussi mortel que le H5N1 mais beaucoup plus contagieux. Pour cela, il a effectué 2 mutations sur des gènes pour l’adapter aux mammifères. En infectant des furets, il est arrivé à obtenir une nouvelle souche virale hyper contagieuse. Entre 2 cris de joie, il a pu constater que sa souche virale pouvait tuer autant que le virus A(H5N1) et se propager dans des gouttelettes en suspension dans l’air. Les furets s’infectaient les uns les autres en étant dans des cages différentes.

Ron Fouchier n’est pas fou. Il essaie juste de préparer le monde scientifique à mieux se défendre si le virus de la grippe aviaire mute dans les prochaines années. Ses travaux permettront de développer un vaccin très rapidement et de sauver des millions de vie.

D’un autre côté, en publiant ses recherches, il donne les clés aux terroristes de tous poils pour fabriquer un méchant virus ou une arme biologique. Autre danger plus probable, d’autres labos pourraient travailler sur ce nouveau virus et cela augmenterait grandement les risques de le voir s’échapper dans la nature.

En médecine, souvent, on tente de mesurer les bénéfices par rapport aux risques. Et aujourd’hui, les avis sont partagés. Quel est le vôtre ? [Science Insider via Geekosystem and RT]  et en français [BigBrowser, Slate]

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Via Gizmodo