Publié le 14/02/2012 | 00:07 , mis à jour le 14/02/2012 | 08:02
La page web de l'agence de notation Moody's, à Paris, le 17 janvier 2012.

La page web de l’agence de notation Moody’s, à Paris, le 17 janvier 2012.
(JOEL SAGET / AFP)

Un mois jour pour jour après la dégradation de la note de la France par Standard & Poor’s, sa concurrente, l’agence de notation Moody’s, a placé sous perspective négative le « Aaa » français, lundi 13 février. Fin janvier, l’agence Fitch avait elle aussi abaissé la note de cinq pays de la zone euro, dont l’Italie et l’Espagne.

L’agence de notation a aussi abaissé les notes de six pays européens. FTVi décrypte cette décision.

• Quels sont les pays visés par Moody’s ?

Moody’s a abaissé la note de solvabilité de l’Italie d’un cran, à « A3 », celle du Portugal d’un cran à « Ba3 », et celle de l’Espagne de deux crans à « A3 ». La Slovaquie et la Slovénie sont, elles, sanctionnées par un abaissement de note d’un cran, à « A2 », et Malte voit sa note abaissée d’un cran également, à « A3 ».

L’agence américaine attribue désormais une perspective « négative » au « Aaa » de la France, du Royaume-Uni et de l’Autriche.

• Pourquoi ces pays sont-ils sanctionnés ?

Selon Moody’s, les neuf pays de l’Union européenne concernés soit pas un abaissement de leur note, soit par une perspective négative, sont susceptibles d’être affectés « par les risques financiers et macro-économiques grandissants émanant de la crise de la zone euro ». Les incertitudes liées aux réformes institutionnelles envisagées dans la zone euro, couplées à des perspectives de croissance anémiques dans la région, continueront à affecter la confiance des marchés financiers, estime l’agence de notation.

Moody’s écrit cependant que « l’engagement des autorités européennes à préserver l’union monétaire et à mettre en œuvre toutes les réformes nécessaires pour restaurer la confiance des marché est un facteur important ayant limité l’ampleur des ajustements de notes ».

Pour la France, l’Autriche et le Royaume-Uni, l’agence parle de « pressions sur le crédit augmentant la fragilité de leurs comptes publics, et de leurs efforts d’austérité, vis-à-vis d’une éventuelle détérioration de l’environnement économique européen ».

• Que peut faire la France pour conserver son triple A ?

La France conserve sa note Aaa, la meilleure possible, mais elle pourrait faire l’objet d’un abaissement si le gouvernement ne parvient pas à mettre en œuvre ses réformes économiques et budgétaires. Elle doit donc s’engager davantage dans la réduction de son déficit : c’est le message principal de l’agence de notation.

Moody’s estime que les chiffres de la dette française continuent de se dégrader et que la France se situe parmi les pays notés Aaa « les plus faibles » dans ce domaine. L’agence met également en avant « les risques significatifs » auxquels le gouvernement français devra faire face pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits publics. « Ceux-ci pourraient encore se compliquer par le besoin de venir en aide à d’autres pays européens ou à son propre système bancaire », explique Moody’s dans un communiqué.

Les engagements de réduction du déficit public sont toutefois confirmés, à 4,5% du PIB fin 2012 et 3% en 2013. Mais la Cour des comptes a estimé qu’à peine 10% de l’effort total qui doit permettre de ramener à zéro le déficit structurel de la France avait été accompli l’an passé. De son côté, le ministre des Finances français a « pris acte » de la décision de l’agence. Mais pour François Baroin, elle est liée aux « risques pesant sur la zone euro ».

FTVi avec AFP et Reuters via france2.fr