De nombreux internautes ont fait part de leur indignation concernant la loi Hadopi. Il n’en fallait guère plus aux Anonymous pour donner la chasse à ceux qui occupent leur territoire. En représailles aux dernières mesures, les Anons sont allés jeter un coup d’œil aux courriels confidentiels circulant entre Haute Autorité et ayants droit.

Vous savez ce qu’on dit, quand un Anonymous veut des informations sur la Hadopi, il se sert à la source, c’est plus sûr. Les échanges interceptés par les hackers remontent à la date du 2 février et correspondent au moment précis où la Hadopi publiait le rapport « Znaty ». Ce rapport éponyme mettait en lumière l’efficacité et la fiabilité du système de surveillance des réseaux peer-to-peer avec force de détails.

Curieusement, il y a comme qui dirait « un petit problème » dévoilé par les mails piratés. En effet, la version de Znaty mise en ligne est publiée dans son intégralité, celle récupérée par les Anonymous a subi quelques modifications substantielles. Plus cocasse, la Hadopi s’est emmêlée les pinceaux et a publié la version complète contenant des informations confidentielles au lieu de la version édulcorée.

Dans la variante light divulguée par les cyberhackers, des pans entiers du rapport ont été escamotés (Ceux-ci étaient susceptibles d’altérer le travail de la TMG). L’organisme chargé de la fameuse collecte d’adresses IP a une méthode bien particulière pour réussir sa mission. De nombreux points techniques ont donc été publiquement exposés par erreur, ce qui permet évidemment aux internautes chevronnés de lancer corps et âme dans la recherche de parades.

Sauf qu’une fois mise en ligne, le mal était fait et les plus mécontents étaient les ayants droit. Benoit Solignac Lecomte (Sacem) écrit un mail – intercepté par les Anons – dans lequel il fait part de son mécontentement à Rose-Marie Hunault (Directrice de la protection des droits au sein de la Hadopi).

« Nous sommes opposés à une telle publication qui ne peut qu’affaiblir le rapport de monsieur David Znaty et les actions judiciaires initiées par la Hadopi, sans compter les réactions partisanes qu’elle ne va pas manquer de susciter, de nature à instiller le doute dans l’esprit des magistrats. »

L’affaire ne semble pas entérinée, dans un autre mail, Madame Hunault précise que les

« annexes du rapport sont conservées dans un coffre à la Hadopi pour n’être consultées, le cas échéant, que par un nouvel expert qui pourrait être désigné par un juge ».

Une déclaration qui sera éventuellement perçue comme un nouveau défi pour les Anonymous. Au final, c’est une nouvelle bourde pour Hadopi qui voit ses points de crédibilité fondre comme neige au soleil.

[LePoint] via gizmodo